Programme scientifique

Vendredi 23 Novembre 2018
Matinée

08H00 - 09H00 : Accueil des participants et inscription
Hall d‘accueil à l’espace d’exposition des sponsors

09H00 - 09H20 : Conférence 1. Biofilm et Dispositifs médico-chirurgicaux : Impact sur le cycle de retraitement.
Pr Hakima EL KABBAJ, Professeur de Bactériologie, CHU Ibn Sina de Rabat.

Le biofilm est une communauté de micro-organismes vivant dans un environnement physiquement structuré et organisé avec une architecture complexe. Il est défini comme un ensemble de cellules isolées et de micro-colonies de cellules filles, associées entre elles et/ou aux surfaces et interfaces, et incluses dans une matrice constituée d’exopolymères bactériens (EPS), de matières organiques et non organiques, ainsi que de macromolécules du milieu environnant exprimant des propriétés biologiques spécifiques. Les EPS protègent les micro-organismes contre les influences extérieures mais permettent la communication interne. Au sein du biofilm, ces micro-organismes se comportent différemment en comparaison avec les bactéries planctoniques avec la modification d’expression des promoteurs bactériens induite par le contact avec une surface, la différentiation des bactéries en clusters résistants aux agents antimicrobiens et un signal de type « quorum-sensing »qui implique la production, la sécrétion et la détection, par les bactéries, de petites molécules signal appelées des auto- inducteurs. La formation du biofilm est traditionnellement décomposée en quatre étapes : transport ou transfert d’une cellule bactérienne, adhésion à un matériau support dite réversible, adhésion dite irréversible, et colonisation du matériau.

Sur le plan pratique, un biofilm existe des l’adhésion initiale, ou du moins dès l’étape irréversible de celle-ci.  En milieu hospitalier, le problème concerne initialement le risque de transmission ou de dissémination théoriquement contrôlable. Par contre le problème est beaucoup plus difficile à résoudre lors de l’étape de colonisation du support, avec pour conséquence une résistance accrue aux antiseptiques, désinfectants, antibiotiques ; ainsi qu’à divers types de stress physico-chimiques (température…).

Si les procédures de nettoyage et désinfections sont validées, mise en place en termes de périodicité, le phénomène devrait se limiter à la seule phase d’adhésion, la problématique étant alors liée uniquement aux rôles de ces microorganismes dans la transmission.

Au vu de la multiplicité des problèmes rencontrés, deux grands concepts de maitrise de la formation des biofilms peuvent être définis : limitation du risque de formation des biofilms et traitement du biofilm formé.

Afin de prévenir et limiter leur formation, il faut maitriser la phase biotique, à savoir limiter le nombre de micro-organismes susceptibles d’entrer en contact avec le matériau support (biocharge ou biodurden).

Le traitement mécanique (raclage, brossage …) du biofilm formé sur supports inertes (ex : endoscopes et matériels chirurgicale réutilisables) n’éliminent qu’une faible quantité ou fraction du biofilm épais, au mieux, ils améliorent l’application ultérieure des désinfectants. La résistance des structures de type biofilm a conduit à l’emploi de doses massives de désinfectants, sans pour autant qu’une destruction totale soit généralement atteinte, pouvant atteindre des doses de 100 à 1000 par rapport aux doses efficaces sur bactéries planctoniques.

Cependant, même si le traitement est bactéricide, se pose le problème de l’élimination physique du biofilm.

Ceci introduit la nécessité d’associer des molécules, voire des « process » présentant des activités complémentaires sur le biofilm. Le concept reconnu concerne l’association détachement/ bactéricide. Le détachement correspond alors au traitement mécanique, l’utilisation d’une solution détergente, voire les deux. Son but est un décrochement du biofilm avec deux idées sous-jacents : une efficacité supérieure des biocides sur les bactéries remises en suspension, ainsi qu’un nettoyage de la surface du support concernant aussi bien le corps bactérien que la structure exopolysaccaridique et les composés organiques et minéraux associés.

Le traitement des dispositifs médicaux réutilisables comporte donc une phase de détergence suivie d’une désinfection ou stérilisation, qui permet d’atteindre des taux de réduction bactérienne élevés.

Dans l’attente d’un progrès radical dans la lutte contre les biofilms, seule une combinaison de gestes préventifs et curatifs associés à un choix de matériaux limitant l’adhésion permet la maîtrise des biofilms.

09H20 - 09H40 : Evaluation de la Pré-désinfection des Dispositifs Médicaux Réutilisables dans un Centre Hospitalier Universitaire au Maroc.
Dr Mahfoud CHIGUER, Pharmacien, Service de Pharmacie centrale, CHU Oujda.

09H40 - 09H50 : Transmission des prions par les DMR : Evaluation des pratiques professionnelles et de prise en charge du risque au Maroc.
Dr Reda SEFRIOUI, HMIMV de Rabat.

09H50 - 10H00 : Discussion

10H00 - 10H30 : Pause –café

10H30 - 10H50 : Conférence 2. A Quelle concentration se fait la conformité des produits d’hygiène aux normes en vigueur ?
Pr Younes RAHALI, Professeur de Pharmacie galénique, CHU Ibn Sina de Rabat.

L’exposition des patients aux infections nosocomiales est un risque qu’il faut minimiser. Ceci est d’autant plus critique que les antibiotiques qui sont à notre disposition s’essoufflent face à la résistance des germes pathogènes.

Actuellement, les enjeux d’hygiène dans nos hôpitaux n’ont jamais été aussi cruciaux et la normalisation de l’évaluation de l’efficacité des produits d’hygiène à usage médical vient répondre à cet enjeu.

L’objectif de ce présent travail a été d’analyser dans quelle mesure les produits d’hygiène apportent la preuve de leur efficacité, conformément aux normes en vigueur, dans les conditions d’usage recommandées par le fabricant.

La méthodologie s’est basée sur une analyse fine de la documentation technique, plus précisément la confrontation de la concentration recommandée par le fabricant pour l’usage du produit avec la concentration utilisée pour démontrer l’efficacité selon la norme en vigueur.

Cette analyse a révélé que certains produits, bien que faisant mention de leur conformité aux normes, n’apportent la démonstration de leur efficacité, conformément à la norme, qu’à une concentration au-dessus de celle recommandée pour leur utilisation.

La conformité aux normes n’a aucun sens si l’évaluation de ces produits ne s’est pas faite de manière cohérente avec l’usage recommandé. Pour cela, l’expertise pharmaceutique de la documentation technique est un atout que tous les hôpitaux doivent exploiter pour ne pas juger naïvement la conformité de ces produits aux normes

10H50 - 11H10 : Conférence 3. Expérience Tunisienne en Matière de Stérilisation : Où est ce que nous en sommes ?
Pr Zakia Inès Harzallah, Professeur Agrégé en Pharmacie Hospitalo-Industrielle, Présidente de la Société Tunisienne de Stérilisation.

Depuis 2008, le dossier Stérilisation des dispositifs médicaux réutilisables dans les établissements de soins a été mis sur le tapis par l’Agence Nationale de Contrôle Sanitaire et Environnemental des Produits de Santé (ANCSEP). En effet, cette dernière a entrepris avec des experts en stérilisation une compagne d’audit qui a concerné les unités de stérilisation de 65 établissements publics et privés et qui a permis d’avoir une image de la situation à l’époque. Cette image était peu reluisante, conception et architecture d’unités non conformes, personnel non formé, absence de système qualité etc.…Dès lors plusieurs actions ont été entreprises : la rédaction d’un guide  nationale de bonnes pratiques, la révision de la circulaire régissant la stérilisation, la création d’un comité technique de mise à niveau de la stérilisation sur arrêté du 18 avril 2014.

Depuis le comité technique  s’est intéressé à plusieurs axes, révision du guide selon les dernières avancées normatives et technologiques, validation de la conception et de l’architecture des unités de stérilisation et formation. Neuf formations inter-régionales sur l’ensemble du territoire tunisien se sont déroulées depuis.

Bien que cette démarche était louable, elle semblait insuffisante pour plusieurs raisons, notamment le profil et le nombre des personnes formées et la durée de formation qui était d’une journée. De là a germé, en 2017, l’idée de mettre en place une formation diplômante à la faculté de pharmacie de Monastir destinée aux responsables de stérilisation qui pouvaient à leur tour former le personnel. Voulant faire profiter les apprenants d’une vision plus large des pratiques en matière de stérilisation, plusieurs experts tunisiens, espagnol, français, suisses et belges ont été sollicités et ont collaboré pour la réussite de ce projet. 26 apprenants ont fait partie de la première promotion. Le déroulement de cette formation qui a duré de janvier à mai 2018 avec un examen théorique et un travail de groupe, a été riche en partage d’expérience ponctué par des moments de convivialité et de complicité.

Enfin, devant ce degré de maturité, nous avons jugé que la création de la Société Tunisienne de Stérilisation était une étape irréfutable pour se positionner à l’échelle internationale, renforcer et appuyer les actions des différentes instances nationales et être un acteur plus performant puisqu’autonome du ministère de tutelle. Ainsi notre société a vu le jour. Le temps nous dira les traces qu’elle gravera dans l’histoire de la stérilisation en Tunisie.

11H10 - 11H20 : Regrouper pour mieux régner : Intérêt d’une unité de stérilisation pour toute la région de Bab Saadoun
Mohamed Slim Karray et Rim Abid, Membres de la Société Tunisienne de Stérilisation

11H20 - 11H40 :Conférence 4. La stérilisation en Urgence.
Pr Soufiane Derraji, Fondateur de la Société Marocaine de Stérilisation, Chef de service de Stérilisation HMIMV de Rabat.

S.Derraji 1 ; R.Sefrioui 2

1 Laboratoire de pharmacologie et toxicologie de la Faculté de Médecine et de Pharmacie – UM5 Rabat

2 Hôpital Militaire d’Instruction Mohammed V – Rabat                                                                                                      

Introduction / Objectifs

On parle très souvent d’un cycle «  Flash » de stérilisation pour pallier aux aléas des urgences : un dispositif médical déstérilisé par erreur avant l’acte invasif, un besoin urgent de matériel chirurgical ou une faute d’asepsie. Qu’elles l’indication de ce cycle « Flash » de stérilisation, peut on le valider en routine ?

L’objectif de ce travail est de discuter et présenter la réponse à toutes ces questions.

Matériels et Méthodes

Par l’analyse arithmétique objective des lois fondamentales de stérilisation, de la valeur stérilisatrice et du niveau d’assurance de stérilité ; le cycle  « Flash » ou «  d’urgence » de stérilisation sera mis à l’épreuve avec ses les limites d’utilisation et les indications.

 Résultats/Discussion

Entre l’état stérile et l’état désinfecté il ya une grande marge de sécurité entre 10-6pour le premier état et une réduction  de 5 log de la biocharge de contamination pour le deuxième état. Le cycle « Flash » de stérilisation présente la ligne franche entre les deux états avec des réserves pour l’inactivation du prion (ATNC). 

 Conclusion :

Le cycle «  Flash » de stérilisation peut être utilisé en routine selon le besoin pourvu de maîtriser le prétraitement et le contre indiquer pour le matériel suspect ou potentiellement contaminer par le Prion

Mots-clés : cycle «  Flash » ; stérilisation ; Prion ; urgence

11H40 - 12H00 :Conférence 5. Ecobilan, application en stérilisation d’un calculateur développé pour la SSSH.
Mr Frédy Cavin, Président de la Société Suisse de Stérilisation Hospitalière (SSSH).

Lors des 4èmes Journées nationales Suisses sur la Stérilisation en 2008, le thème a été : « Protection de l’environnement et stérilisation » et M. Loerincik avait fait une présentation générale sur les écobilans. Suite à l’intérêt suscité et après discussion avec lui et les membres du comité romand de la SSSH, qui a financé le projet, il a été décidé de développer un outil simple pour le mettre à disposition des membres.

La société ecointensys a mis au point un tabulateur Excel contenant une base de données importantes pour tout ce qui permet de calculer part exemple l’énergie primaire non renouvelable ou l’effet de serre de différents produits. L’objectif du travail a été de comparer l’écobilan de dispositifs médicaux réutilisables versus usage unique, notamment des ciseaux à pansement, des pincettes anatomiques et des godets.

Dans un premier temps, il a fallu définir les champs du calculateur que les utilisateurs devront remplir comme la dimension de la stérilisation centrale, les types d’équipements utilisés, la dimension des emballages, la matière du diapositif médical, son poids, la distance avec son lieu de fabrication, les moyens de transport, etc.

Dans un deuxième temps, les données concernant les dispositifs médicaux étudiés ont été recherchées et cela n’a pas toujours été très simple. Par exemple, combien de retraitement est effectué sur une paire de ciseaux à pansement pour les services de soins avant qu’elle ne soit jetée ? Le chiffre est-il le même dans les différents établissements ?

Dans le troisième temps, les écobilans de divers dispositifs médicaux ont été calculés en étudiant plus particulièrement l’effet de leur poids, du transport depuis le lieu de fabrication et de la matière (métal, plastique, etc.).

Le calculateur, les résultats et les conclusions seront présentés lors de la conférence.

12H00 - 12H30 :Discussion

13H30 – 14H30 | Déjeuner.

Vendredi 23 Novembre 2018
Après-midi

14H30 à 14H50 : Conférence 7. Cartographie des risques de la stérilisation des dispositifs médicaux en milieu hospitalier Cas de la stérilisation centrale de l’hôpital Ibn Sina, Rabat.
Pr EL Harti Jaouad, Responsable de la Stérilisation, Hôpital Ibn Sina de Rabat.

Khomsi Z, El marnissi S, Allou R, El Harti J

Introduction

La stérilisation des dispositifs médicaux réutilisables au niveau du centre hospitalier Ibn Sina, est centralisée et est assurée pour tous les blocs et réanimations où ces dispositifs sont pré désinfectés avant d’être pris en charge par le service de stérilisation, sauf ceux des urgences. Sachant que c’est une activité à risque, une analyse des différentes étapes du processus et une cartographie des risques ont été réalisés.

Matériel et Méthodes

La méthode AMDEC (analyse des modes de défaillances, de leurs effets et de leur criticité) est adoptée pour la réalisation de cette analyse des risques au sein du service de stérilisation centrale de l’hôpital Ibn Sina de Rabat, et ce de Mars à Mai 2018.

Résultats

Pour tout le processus de stérilisation, 58 modes de défaillances ont été identifiés dont 19 pour la phase de pré désinfection, 19 pour la phase de nettoyage, 3 pour la phase de réception, 7 pour la phase de stérilisation proprement dite, 1 pour le contrôle, 3 pour la phase de stockage et 2 pour la phase de distribution. Les mesures correctives concernent essentiellement la formation, la supervision et la sensibilisation.

La méthode AMDEC a permis d’identifier les étapes critiques du processus de stérilisation dont l’entreprise de mesures correctives s’impose.

La proposition de corriger les aspects critiques des modes de défaillance induisent la prise en compte de certains points : l’aspect humain, l’aspect logistique et l’aspect financier.

L’ensemble de ces caractéristiques dans l’application des mesures correctives annoncent une allocation budgétaire colossale pour remédier aux attentes voulues par la meilleure gestion et une très bonne maîtrise des risques.

Conclusion

Cette étude a permis la détermination des risques inhérents aux différentes activités du processus de stérilisation mal accomplies. Elle permet en conséquence, de sensibiliser les différents intervenants au respect des procédures de stérilisation des dispositifs médicaux.

14H50 à 15H00 : Validation opérationnelle du traitement manuel des endoscopes souples par la méthode ATPmétrie / Bioluminescence à l’HMIM V – Rabat.
Dr Meryem MABROUKI Pharmacienne résidente en Pharmacie Hospitalo-Industrielle.

15H00 à 15H10 : Contrôle du conditionnement des dispositifs médicaux réutilisables : Etude prospective au service de stérilisation centrale de HMIMV- Rabat.
Dr Reda SEFRIOUI, HMIMV de Rabat.

15H10 à 15H40 : Discussion

15H40 à 16H00 :Conférence 8. La Stérilisation, Combien ça coûte ?
Mr Hervé Ney, Expert en Stérilisation, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse.

Les services de stérilisation centrale sont soumis aux contraintes budgétaires comme tous les autres prestataires : la consommation des ressources doit être optimisée, les investissements adaptés, les nouveaux projets quantifiés.

La dépense est incontournable, et fait supporter un coût à l’établissement hospitalier, en réponse à la demande des clients internes et parfois externes.

Comment, dans ce contexte, ne pas rester « inactif » ?

Comment prévenir les dépenses de demain, anticiper le coût d’un cycle de stérilisation basse température, estimer l’impact de l’acquisition d’un nouveau laveur désinfecteur ?

En matière de conditionnement des dispositifs médicaux, la notion du prix de la solution proposée est souvent mise en exergue.

Comment s’assurer qu’il n’y a pas de coûts cachés ? Les solutions proposées conviennent elles à tous les services ?

Est-il possible d’estimer une masse critique, un volume, au delà duquel, à critères techniques équivalents, une solution est plus intéressante qu’une autre ?

Nous n’avons pas la culture des comparaisons entre service de stérilisation.

Chacune et chacun gère sa « boite noire », dans un contexte structurel, organisationnel et opérationnel souvent très différent d’un site à l’autre.

Peut-être qu’une approche par les coûts serait intéressante, comme nos collègues français l’ont proposée ?

Un service vaut ce qu’il coûte. Cette vision de Victor Hugo au XIXème siècle a bien changé, me semble-t-il.

Le coût vaut ce qu’il sert devrait-on dire aujourd’hui, dans une logique de création de valeur.

Alors, à nos réflexions et prenons quelques exemples pour convenir que le fait de « dépenser » n’est pas un réflexe que nous maîtrisons naturellement, et ne nous éloignons pas de ces problématiques financières pour lesquels nous serons de plus en plus interpelés par nos directions et clients respectifs.

16H00 à 16H10 : Le traitement des dispositifs médicaux entre le lavage manuel et le lavage mécanique.
Mr El Mehdi Houssini, Cadre infirmier, Service de stérilisation centrale, Polyclinique CNSS Hay Hassani Casablanca.

16H10 à 16H20 : Le lavage : Etude comparative de l’efficacité des détergents pour Laveurs désinfecteurs.
Dr Mahfoud CHIGUER, Pharmacien, Service de Pharmacie centrale, CHU Oujda.

16H20 à 16H50 : Discussion

16H50 à 17H20 : Assemblée générale des membres de la Société Marocaine de Stérilisation.

17H20 à 17H30 : Synthèse des Recommandations et Clôture de la journée.